Le Contexte
Avec 6,8 milliards de dollars déboursés et 2,5 millions de vies sauvées depuis sa création1, le Fonds mondial est le mécanisme de financement de la lutte contre les trois grandes maladies (VIH/sida, tuberculose et paludisme) le plus efficace, transparent et participatif au monde. Un comité d’experts indépendant2 le confirme : les programmes financés par le Fonds mondial sont efficaces, et réussissent à sauver les vies prévues.
Grâce aux résultats du Fonds mondial en 2008, les pays les plus pauvres ont démontré qu’ils peuvent mettre en place de nombreux programmes efficaces et ont récemment annoncé un triplement3 de l’estimation de leurs besoins pour juguler ces pandémies, qui tuent près de 6 millions de personnes par an. Pour réaliser ce défi, les pays pauvres vont avoir besoin en 2010 de 5 milliards de dollars de plus4 que les 3 milliards promis actuellement par les pays riches.
Le 30 janvier au Forum Economique Mondial, M. Rajat Gupta, PDG de la firme McKinsey et président du conseil d’administration du Fonds mondial, a lancé un appel solennel aux dirigeants des pays du G8 pour qu’ils aident les pays les plus pauvres à sauver ces millions de vies. Il en coûterait au G8 moins de 1% des sommes allouées pour faire face à la crise financière mondiale.
Alors que la crise sociale mondiale actuelle fait le jeu des maladies comme le sida ou la tuberculose en renvoyant des millions de personnes dans une plus grande précarité sociale et économique, avec ses conséquences en matière de prostitution et d’usage de drogues, il faut accompagner généreusement les efforts des pays les plus pauvres pour juguler les pandémies. Ne pas le faire constituerait une trahison de l’engagement des pays du G85 à atteindre d’ici 2010 l’accès universel à la prévention, aux soins et aux traitements du sida.
La campagne 5 milliards pour le Fonds mondial
Le Fonds mondial a besoin de 5 milliards de dollars supplémentaires pour répondre aux demandes des pays les plus fortement touchés par ces pandémies.
5 milliards de dollars ça paraît beaucoup, mais c’est seulement 0,3% des 1500 milliards que les dirigeants du G8 viennent de mobiliser suite aux folies des spéculateurs financiers.
Sur ces 5 milliards de dollars, il revient à la France d’en apporter au moins 200 millions (soit 150 millions d’euros), car notre pays concentre 4% de la richesse mondiale selon l’ONU.
M. Nicolas Sarkozy a affirmé lors du dernier G8 être en faveur d’un accès universel au traitement du sida, c’est à dire stopper cette hécatombe planétaire en triplant le nombre de malades traités. Comment tenir cet engagement à tripler si la France refuse d’augmenter sa contribution au Fonds mondial en 2009 ? Comment, face aux millions de vies en jeu, refuser un effort supplémentaire de 0,3% ?
Dans le cadre de la campagne 5 milliards pour le Fonds mondial, les associations françaises demandent au Président de la République française de confirmer publiquement, en amont de la conférence de financement du Fonds mondial organisée par M. Zapatero le 30 mars prochain en Espagne, que la France va donner 150 millions d’euros pour contribuer à combler le trou des 5 milliards, et ainsi sauver les 3 millions de malades dont la vie et le traitement dépendent du Fonds mondial.
Exemples de projets financés par le Fonds Mondial
Au Burkina Faso :
Protocole Tansmission Mere Enfant (PTME)
Le Burkina Faso compte sur le Fonds mondial pour élargir ses programmes de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME). Le taux de prévalence des femmes enceintes est estimé à 2,5%. En 2008, sur les 2756 femmes dépistées positives au VIH, 1403 ont bénéficié de ces services de PTME.
Témoignages
« Sur les 20 000 malades du sida soignés au Burkina, plus de 1,500 le sont grâce aux financements que la France achemine à travers le Fonds mondial », rappelle Martine Somda, présidente de la coalition des associations anti-sida du Burkina. « La France est ainsi l’un des principaux financeurs de la lutte anti-sida dans mon pays. Mais tant de gens meurent encore de cette maladie faute d’argent – des sommes trop élevées pour le Burkina, mais infimes pour l’Occident, surtout au regard des centaines de milliards alloués récemment aux banques ».
Simon Kaboré, président du Réseau Accès aux Médicaments Essentiel à Ouagadougou, explique : « au Burkina nous avons obtenu du Fonds mondial 63 millions de dollars en novembre dernier pour contrôler le paludisme, et nous espérons obtenir en novembre prochain environ 75 millions de plus, cette fois pour lutter contre le sida et la tuberculose ». « La plupart des autres pays Africains augmentent aussi leurs efforts. Mais si les pays donateurs ne suivent pas, au niveau de leurs contributions au Fonds mondial, toutes les actions sanitaires prévues ne vont pas se concrétiser et des milliers de personnes mourront de ces trois pathologies » ajoute t-il.