Il doit appeler publiquement l’Union Européenne et le G8 à mettre en place rapidement la taxe sur la transaction de change recommandée par le groupe d’experts sur le financement la santé au Sud . L’enjeu : la mise en œuvre – ou non – de la seule proposition concrète émergeant des divers groupes de travail internationaux que préside Bernard Kouchner au sujet du financement des objectifs sanitaires mondiaux que s’est fixée la communauté internationale.
TAXER LA TRANSACTION DE CHANGE
Quinze fois le PIB mondial : c’est le montant total 2008 des transactions de change. Acheter du dollar, revendre du yen ou de l’euro, parier sur la hausse ou la baisse des cours : un business florissant qui mobilise en tout la somme folle de 800 000 milliards de dollars par an. Totalement déconnectées de la réalité : les transactions de change représentent 95% des échanges, le commerce international moins de 5%.
Taxer ces transactions à 0,005%, un taux trop faible pour affecter le volume des transactions financières, c’est générer plus de 40 milliards de dollars par an.
La taxe sur les transactions de change existe déjà en droit français (article 235 ter du Code Général des Impôts), mais ne peut pas être collectée tant que la France n’a pas convaincu le reste de l’UE de l’appliquer aussi.
SAUVER 30 MILLIONS DE VIES
Chaque jour, 15 000 personnes de par le monde meurent de 3 maladies que l’on sait pourtant traiter : le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Cela représente près de 30 millions de personnes en 5 ans, et 60 millions sur 10 ans. De nombreux enfants ne reçoivent pas encore les soins de santé de base qui leur permettraient de résister aux maladies contagieuses et de dépasser l’âge de 5 ans. La mortalité maternelle n’a que peu diminué en 20 ans. Dans un pays comme le Niger, le risque pour une mère de décéder au cours de sa vie des complications liées à des grossesses est de un sur sept.
Avec les 40 milliards de dollars générés par la taxe sur la transaction de change, il serait possible de renforcer les systèmes de santé des pays pauvres, Avec des systèmes de santé à nouveau fonctionnels, il serait possible de soigner tous les malades du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme, et d’enrayer la propagation et la mutation de ces pandémies. Il serait aussi possible d’assurer la prise en charge médicale de tous les enfants de moins de 5 ans, ainsi que l'accès de toutes les femmes à la santé reproductive - y compris celles des villages reculés. Ces trois objectifs – santé maternelle, infantile, lutte contre les endémies – correspondent aux Objectifs du Développement pour le Millénaire, que la France s’était engagée en l’an 2000 à atteindre d’ici 2015.
Bernard Kouchner doit envoyer un signal clair à la communauté internationale : la taxe sur les transactions de change est la seule à pouvoir générer les montants nécessaires à la tenue des objectifs sanitaires et humanitaires que le monde s’est fixés. Il doit profiter de la conférence qu’il organise cette semaine à Paris sur ce sujet pour appeler clairement l’UE et le G8 à mettre rapidement en place cette taxe.
_______________________________
Ce groupe d’expert s’appelle le ‘Working Group 1’ de la Taskforce for Innovative Financing for Health, mis en place par Gordon Brown et Bernard Kouchner. Dans son rapport du 13 mai dernier, la Taskforce met en avant comme mécanisme n°1 de financement la micro-taxe sur les transactions de change. Voir en page 11 du rapport : www.internationalhealthpartnership.net/pdf/IHP%20Update%2013/Taskforce/Johansbourg/Bob%20Fryatt%20WG2%20presentation%2012%20May.pdf
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander







